BaaS : les usages au cœur de la Banque as a Service

Le BaaS, pour Bank ou Banking as a Service, est en fait le fruit d’une double évolution, réglementaire et technologique. A sa source réglementaire, la directive sur les services de paiements (DSP1 en 2009 et DSP2 en 2018). Sur ce socle de sécurité et de confiance, le partage de données a pu se développer entre des acteurs du monde bancaire traditionnel, et des start-up des fintech et regtech (conformité et réglementation financière).

Sur le plan technologique, le BaaS s’appuie sur le cloud et les API (Application programming interfaces). Pour fournir de nouveaux services bancaires, et surtout intégrer dans de nouvelles offres les services d’autres opérateurs de la chaîne financière. Ainsi, une offre bancaire peut intégrer le module comptable ou immobilier d’un partenaire éditeur spécialisé. Par exemple, la néobanque Qonto qui cible les PME et entrepreneurs propose une suite packagée de services en SaaS, pour automatiser la gestion financière ou encore optimiser la paie. Trois facteurs transforment donc en profondeur l’écosystème bancaire : les technologies du BaaS, le développement de partenariats et le retour aux services.

Dans ce contexte, quel rôle reste-il pour les banques ? En fait, la relation entre banques traditionnelles et fintech ne doit pas être perçue comme une compétition frontale. Car les banques ont aussi compris l’intérêt du BaaS. Avec l’APIsation du marché et des relations en écosystème, chacun a un rôle à jouer dans la chaîne de valeur. Une banque pourra ainsi nouer un partenariat avec une Fintech plus rapides pour tester et déployer de nouveaux services innovants, et qui sera focalisée sur l’acquisition et la fidélisation de ses clients.

Travailler en écosystème est alors plus pertinent que de fournir seul l’ensemble des services bancaires. Lorsque les néobanques fournissent des services de gestion de compte et de nouveaux moyens de paiements, elles laissent en fait aux banques traditionnelles les missions de crédit et d’épargne. Les terminaux de paiement sont aussi devenus des commodités, des services non différenciants que des startups comme Sumup ou iZettle (Paypal) proposent au meilleur prix. Mais la banque reste le garant de ces transactions, un acteur incontournable pour la confiance des échanges, et le lien entre les professionnels et leurs clients.

Cependant, pour rester incontournables, les banques doivent identifier leurs clientèles cibles et leurs forces dans cette nouvelle chaîne de valeur du BaaS. Ce qui implique d’aller à la rencontre des acteurs de l’écosystème bancaire et d’expérimenter avec eux. C’est pourquoi des hubs d’interconnexion ont été créés au sein même des datacentres. Les premiers hubs réunissant des fournisseurs de services financiers ont ainsi été construits dans des datacenters historiquement proches des grandes places boursières.

Sur le plan technologique, les maillons de la chaîne bancaire peuvent ainsi être proches les uns des autres, pour garantir la sécurité et la performance des transactions. Sur le plan stratégique, dans ces hubs les acteurs du BaaS peuvent accélérer leurs cycles d’innovation, en imaginant ensemble de nouveaux services multisourcés. Avec un accès direct et sécurisé aux partenaires potentiels.

Des stratégies de “copy paste” peuvent aussi être rapidement déployées pour riposter aux concurrents. Y compris à l’échelle mondiale avec un réseau de hubs internationaux. L’analyse de données permet alors d’anticiper les tendances de consommation, et de choisir quand développer ses propres innovations ou nouer les bonnes alliances. Dans ce nouvel écosystème du Baas, la donnée bancaire est donc un “pétrole” qu’il faut sécuriser mais aussi agréger et partager avec ses partenaires pour alimenter les systèmes de prédiction.

Cette capacité d’anticipation et d’APIsation rapide avec de nouveaux écosystèmes est cruciale. Car les mouvements de marché s’accélèrent et la clientèle “switche” aussi rapidement en cas d’insatisfaction. Par exemple, l’écosystème du paiement a pu rapidement se connecter à l’écosystème des objets connectés pour suivre de nouveaux usages popularisés par l’Apple Watch. Et demain, de nouvelles modes venues d’autres écosystèmes peuvent attirer de nouveaux clients comme on le voit actuellement avec le phénomène des NFT (Non-fungible token).

En conclusion, les fondamentaux des métiers de la banque devraient rester des forces dans cette nouvelle chaîne de valeur du BaaS. A condition d’anticiper l’évolution des usages des consommateurs pour proposer des offres pertinentes et créatrices de valeur.

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