Du pain aux vaccins ARN messager, comment les biotechs se sont imposées dans notre quotidien ?

Quel est le point commun entre le pain et les vaccins ARN messager ? Réponse : les biotechnologies ! Encore méconnues du grand public, elles sont pourtant omniprésentes dans notre quotidien. Dans l’alimentation en premier lieu et également dans les domaines de la santé, des cosmétiques, de l’énergie ou même de la mode. Cette technologie ouvre de nouvelles voies de production durable aux industriels en se basant sur des organismes vivants pour créer de nouveaux ingrédients, molécules, matériaux. Boostées par la crise sanitaire, totalement en phase avec les nouvelles attentes des “consomm’acteurs” et plébiscitées par le gouvernement dans le cadre de son plan de relance, les biotechs ont plus que jamais levent en poupe. Retour sur la percée de cette technologie qui ouvre la voie vers un avenir éco-responsable. 

Mars 2020, au cœur d’une crise sanitaire sans précédent, les gouvernements misent sur les biotechnologies pour trouver des réponses adaptées à la pandémie. Parmi elles, les tests de dépistage du virus Sars-Cov-2 – dits tests PCR (plus précisément RT-PCR) – exploitent une méthode simple et rapide, inventée par les biotechnologies pour amplifier de manière exponentielle des morceaux d’ADN (ou d’ARN dans le cas des tests RT-PCR) dans un tube à essai. Capables de réactivité et d’innovation, les biotechs, alors reconnues comme un modèle d’excellence, travaillent, quasiment dans l’ombre, à la création de vaccins de type ARN messager tels que ceux proposés par les laboratoires Pfizer/BioNTech et Moderna. Sans s’en rendre compte, le grand public s’est ainsi familiarisé avec une terminologie complexe propre aux biotechnologies, utilisée par les experts dans les médias et sur les plateaux TV.

Les biotechs ne sont pourtant pas le seul fait des chercheurs et scientifiques. Lors des confinements successifs, des milliers de familles se sont mises à produire leur pain ou yaourts, voire des boissons type kéfir ou kombucha, sans parler de la bière. A titre d’exemple, la société Lesaffre a vu ses ventes de levure ménagère grimper de 15% pendant le premier confinement de 2020. Ainsi, sans forcément le savoir, les ménages se sont appropriés le procédé phare des biotechnologies industrielles à savoir la fermentation, qui consiste à exploiter les propriétés de micro-organismes : levures, bactéries, champignons… Ce retour au “fait maison” fait écho à une tendance de fond dans la population, celle de privilégier la “consommation citoyenne” et locale. Entendons “consommer moins, mais mieux”et de ce fait participer au développement durable : éviter les emballages, limiter les transports, utiliser des matières premières renouvelables, être indépendant face à la production industrielle durant des périodes de crainte de pénurie… 

Le compostage, réalisé de plus en plus à l’échelle domestique, procède du même principe : recycler les déchets verts de la maison (épluchures de fruits et légumes) et du jardin en les amassant pour qu’ils se décomposent par transformation de la matière organique par des micro-organismes. 

Ainsi, les biotechnologies sont aujourd’hui de plus en plus associées aux notions d’écologie, de santé et de bien-être. Et les industriels n’ont pas manqué le coche. Dans le domaine agroalimentaire par exemple, de nombreuses entreprises et chercheurs s’interrogent sur la manière de nourrir l’ensemble de la planète de façon saine et durable. Face à la tendance végétarienne et vegan, et dans un souci de préservation du bien-être animal, les biotechs imaginent l’alimentation de demain et sont déjà capables de concevoir de la viande… sans animal, à partir de cellules souches ! La start-up Meatable (Pays-Bas) a ainsi levé, en mars dernier, 47 millions de dollars pour poursuivre le développement de ses viandes de synthèse de porc et de bœuf. La société d’investissement dite “à impact” Blue Horizon Corporation estime par ailleurs que ce secteur en pleine croissance devrait atteindre les 140 milliards de dollars d’ici 2030. 

Tous les secteurs sont concernés par ces changements. Et les industriels prennent désormais en considération les nouvelles attentes des consommateurs en s’engageant très fortement pour décarboner leurs matières premières. Le secteur du textile par exemple, deuxième industrie la plus polluante au monde, voit un grand nombre de start-up et d’entreprises de biotechnologie investir le domaine. On peut notamment citer l’américaine Modern Meadow qui utilise la biofabrication pour créer des matières durables comme le cuir, la marque Patagonia qui commercialise des vêtements techniques éco-conçus ou encore la start-up française Pili qui propose des colorants et pigments biosourcés pour l’industrie textile. L’industrie automobile n’est pas en reste à l’instar de Michelin, via son entité ResiCare, qui mène le projet BioImpulse visant à créer et développer à échelle industrielle une nouvelle résine adhésive sans substance préoccupante. Dans d’autres domaines, citons la multinationale Shell qui vient d’investir dans la société innovante Lanzajet qui travaille sur un carburant d’aviation durable ou encore L’Oréal qui signait en octobre dernier un accord de licence avec la biotech néerlandaise Micreos pour joindre leurs expertises en matière de biotechnologies et de microbiome cutané. 

Distinguées comme un domaine d’investissement prioritaire dans le cadre du plan de relance, les biotechs ont enfin été reconnues comme une solution d’avenir durant la crise de la Covid-19, y compris par le grand public. Outre une réponse à la santé, elles ont été identifiées pour répondre à des problématiques majeures telles que le développement durable. Elles offrent en effet une diversité de domaines d’application : produits bio-sourcés, réincorporation de matériaux recyclés, énergie décarbonée, alimentation durable… Nul doute que les biotechs n’ont pas fini de s’imposer dans notre quotidien dans les prochaines années.

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