La transformation de la consommation chinoise : une opportunité pour les entreprises françaises

Bien que la pandémie aie fortement ralenti l’activité économique mondiale, la croissance de la consommation en ligne chinoise n’a pas faibli. Au contraire, le pays a connu une accélération de sa numérisation, non seulement au travers du commerce en ligne et des paiements mobiles, mais également dans la transformation d’activités plus traditionnelles comme les courses et les visites de biens immobiliers.

Les entreprises françaises peuvent-elles bénéficier de la révolution numérique des consommateurs chinois, considérés par beaucoup comme l’un des principaux moteurs de croissance dans le monde ? A titre personnel, j’y crois fermement. Les entreprises françaises se doivent de s’y préparer, afin de pouvoir saisir rapidement les tendances de consommation dans le cadre d’une reprise économique mondiale qui, selon l’OCDE, sera menée par la Chine.

Dans quelle mesure est-il important de suivre et de s’adapter à ces tendances qui sont en constante évolution ? Nous savons que les millenials français, nés dans les années 1980 et 1990, ont vu leur mode de vie changer radicalement en raison des nouvelles technologies, de l’avènement d’Internet et du quasi doublement du PIB par habitant depuis 1980. Au même titre, les changements vécus par les millenials chinois ont été d’autant plus significatifs, sous l’effet d’une croissance plus de dix fois supérieure.

En France, le pouvoir d’achat est concentré dans les mains de générations plus âgées mais a contrario, en Chine, les jeunes urbains sont à l’origine d’une grande partie de la croissance de la consommation. Cet écart de croissance est en partie dû à des salaires bien plus élevés dans les villes, et à l’évolution démographique résultant des politiques de contrôle de la population, qui ont entraîné un transfert de ressources des générations plus âgées vers les plus jeunes.

Pour saisir l’opportunité, considérez ces chiffres : il y a plus de 13 millions de millennials français, contre plus de 100 millions dans l’UE. En comparaison, la Chine compte plus de 350 millions de millennials, soit environ un quart de sa population. Bien que la Chine représente d’ores et déjà 32% de la consommation totale de produits de luxe, son revenu par habitant équivaut à moins d’un tiers de celui de l’UE (données Banque Mondiale), laissant présager de futures opportunités de croissance.

Les consommateurs chinois sont également devenus plus avisés et plus responsables quant à leurs dépenses en période d’après-crise. En effet, selon un récent rapport de McKinsey, les jeunes consommateurs ont pour intention d’épargner, et portent un intérêt accru aux assurances et aux achats de meilleure qualité, plus sains et respectueux de l’environnement.

Les détaillants français prennent en compte ces données, qui représentent une importante opportunité de vente. Les entreprises françaises peuvent atteindre ces consommateurs en diversifiant leurs canaux de vente, en tirant parti des plateformes de commerce électronique transfrontalières, et en faisant appel à des fournisseurs de paiements internationaux pratiques et adaptés aux PME

Cependant, la perspective d’exporter peut sembler décourageante pour certaines entreprises. Certaines entreprises pensent qu’elles sont trop petites pour exporter, que le processus sera trop compliqué ou que la demande pour leurs produits ne sera pas assez forte. Il y a cependant un décalage important entre ces perceptions et la réalité.

En novembre dernier, plus de 100 marques françaises se sont jointes à la participation du célèbre 11.11 Global Shopping Festival en Chine. Les diffusions en direct des vendeurs français ont rencontré un succès particulier pour cette dernière édition, ayant cumulé à eux tous 8 heures de contenu pour un total de 60 000 spectateurs.

La pandémie a également eu un impact sur les habitudes numériques des consommateurs chinois qui se déplacent à l’étranger, y compris en France. En effet, en 2018, environ 2,2 millions de touristes chinois ont visité la France qui est la première destination de ces touristes en Europe. De plus, les paiements mobiles sont en constante augmentation en France, représentant 45 millions d’opérations en 2019, contre 11 millions en 2018, selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire sur la sécurité des moyens de paiement.

Alors que le coronavirus a rendu les voyages internationaux presque impossibles aujourd’hui, certains signes laissent entrevoir de nouvelles possibilités pour le tourisme mondial. Une opportunité pour les entreprises françaises ? Selon Statista, 66% des touristes chinois ont pour projet de réaliser un voyage à l’étranger post-Covid. La Chine a annoncé un “passeport vaccinal” pour ses citoyens qui souhaitent voyager à l’étranger, permettant ainsi de faciliter les projets de voyage.

Les touristes chinois vont à nouveau pouvoir visiter l’Europe et la France, animés par le désir de découvrir des cultures différentes, de visiter des sites célèbres et d’admirer une variété de paysages hors norme. Le shopping est également crucial, 40% d’entre eux le considérant comme un élément important de leur voyage.

Alors que les voyages à l’étranger vont reprendre progressivement, l’adoption de solutions de paiement mobile représente une opportunité de taille pour les entreprises souhaitant se positionner auprès des touristes asiatiques.

Plus de 90% des touristes chinois interrogés par Nielsen en 2018 ont déclaré qu’ils seraient plus susceptibles de faire des achats auprès de commerçants acceptant leur portefeuille numérique. Pourtant, la réalité est qu’ils n’ont pu effectuer que 28% de leurs dépenses via des paiements mobiles. Ce déficit représente une réelle opportunité de rendre une entreprise plus attrayante pour un groupe crucial de consommateurs, qui représentaient plus de 4 milliards d’euros de dépenses en France en 2018.

Un récent rapport de McKinsey a qualifié les consommateurs chinois de “moteur de croissance du monde”. Alors que l’économie mondiale commence. 

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