Le bureau post-covid doit proposer une expérience augmentée

Le premier confinement, puis les suivants, ont contraint les entreprises à se réorganiser dans l’urgence, en un temps record. Le choc semble avoir été violent pour nombre d’entre elles. Alors que le “home office” était l’apanage d’une minorité, il s’est soudain déployé de façon massive et brutale. Pour le meilleur et pour le pire. En confinement, nous avons connu le télétravail “en mode dégradé”. Nous avons dû jongler entre nos obligations personnelles et professionnelles, travailler non-outillés, isolés et déconnectés du bureau et de nos collègues. Pour autant, l’expérience n’a pas été totalement négative. Et, sur les 8 millions de Français contraints de travailler à domicile du jour au lendemain, une majorité entend poursuivre partiellement l’expérience. 

Est-ce pour autant la fin du bureau ? Bien au contraire ! La crise a révélé l’attachement des Français à leur bureau : ils sont 94% à vouloir revenir travailler sur site après la crise. On ne se dirige donc pas vers une révolution du travail, enterrant définitivement le concept du bureau, mais vers une évolution du bureau traditionnel vers un espace de travail plus moderne et audacieux.

Télétravail : il n’y aura pas de retour en arrière…

C’est l’une des grandes découvertes de la crise : le télétravail fonctionne. Nul besoin de s’attacher à démontrer sa productivité à distance, nous l’avons tous (é)prouvé. Même exercé dans des conditions dégradées, le télétravail a fait ses preuves. Il n’est donc plus question de bouder le “home office” et de limiter le travail au seul cadre du bureau.

D’abord subi et imposé, le télétravail fait maintenant partie intégrante de la vie professionnelle des français. Si bien qu’il a séduit aussi bien les entreprises, que les employés. Chacun y trouvant son compte. Une réduction des coûts fixes et des arrêts maladie, pour les premières, moins de fatigue liée au transport, plus d’autonomie, de productivité et un gain de temps considérable, pour les seconds. Ainsi, lorsqu’on les interroge, près de 3 employés sur 4 (73%) souhaitent poursuivre cette expérience dans un monde post-Covid et 68% des entreprises1 prévoient de généraliser cette pratique.

Mais pas question de mettre la clé de nos bureaux sous la porte ! Si le télétravail sonne le glas du bureau traditionnel, celui du “monde d’avant”, conçu uniquement en présentiel, cinq jours sur cinq de 9h à 18h dans un espace figé, il annonce en même temps l’arrivée du bureau de demain, plus résilient, plus flexible et agile.

Le “full remote” est une vue de l’esprit !

Le test grandeur nature du télétravail a également permis à chacun de s’apercevoir de ses limites. D’abord, il s’est souvent avéré incompatible avec nos modes de vie et, surtout, nos lieux de vie. Ainsi, lors du premier confinement, 60% des télétravailleurs évoluaient depuis leur salon et 25% depuis une pièce fermée qui avait initialement un autre usage. Ensuite, en s’invitant dans nos espaces de vie, le travail est venu avec son lot de stress et de contraintes. Nous avons dû gérer simultanément les emails, les réunions professionnelles, les devoirs des enfants, les lessives, la préparation des repas… Bref, la charge mentale n’a cessé d’augmenter.

Enfin, le télétravail a entraîné de graves conséquences sociales telles que l’isolement et la rupture de la frontière entre vie privée et professionnelle. Lieu de rencontres, de collaboration et de cohésion sociale, le bureau est rapidement venu à manquer…

C’est la seconde leçon à retenir de cette expérience inédite. Le “full remote” n’est pas viable. C’est une vue de l’esprit. Et à l’aube de cette sortie de crise, le bureau demeure pour la très grande majorité des collaborateurs “the place to be”. Les Français préfèrent ainsi se rendre au bureau pour travailler sur un projet d’équipe (82%), régler un problème urgent (79%) ou encore pour échanger avec leurs collègues (77%). La question du management est également clé. Que ce soit du côté du manager ou du managé, les relations ne sont pas les mêmes à distance : on échange moins, on partage moins et, qu’on le veuille ou non, on s’éloigne.

Télétravail ne veut pas forcément dire home office

L’organisation du travail hybride, cumulant travail au bureau et télétravail, semble la plus adaptée pour répondre aux attentes des collaborateurs quant au “monde d’après”, et notamment : avoir un bon équilibre de vie, être connecté à sa communauté de travail, travailler dans un espace adapté qui préserve sa santé physique et mentale, retrouver du sens au travail et un mode de vie plus sain.

Déjà, deux tiers des français plébiscitent le travail hybride, à raison de deux jours de télétravail par semaine contre trois jours au bureau1. Mais télétravail ne veut pas forcément dire “home office”. Le temps de travail pourra être réparti entre différents lieux : les bureaux de l’entreprise, la maison, mais aussi des espaces de travail type coworking situés à proximité du domicile et permettant d’évoluer dans un environnement professionnel tout en limitant les temps de trajet.

Le bureau de demain devra donc composer avec les aspirations des collaborateurs “traditionnels” qui préfèrent passer travailler au bureau le plus souvent possible (51%), ceux qui voudront, à terme, continuer de télétravailler 1 ou 2 jours par semaine (38%) et les nouveaux adeptes du remote qui préfèreront à l’avenir télétravailler autant que possible (11%). Profil, génération, situation familiale, santé, c’est dorénavant au bureau de s’adapter et d’offrir à ses collaborateurs une expérience sur-mesure. 

Le bureau post-Covid : l’expérience du travail augmentée

Un grand challenge attend aujourd’hui les entreprises post-covid : repenser le bureau en lieux de rencontres, d’échanges et de socialisation où leurs collaborateurs vivront une expérience privilégiée. Il ne faudra plus miser sur le nombre de m2 et la densité de ses occupants, mais sur la qualité et le capital « sexy » et convivial de ses bureaux.

Le bureau de demain incarnera la culture d’entreprise, seule susceptible de rassembler les individus et de favoriser leurs interactions. Ces espaces doivent être conçus pour renforcer la cohésion d’équipe et les échanges informels, proposant des espaces de détente, de réunion, des espaces verts…

Enfin, le bureau post-Covid évolue dans un monde “VUCA”, c’est à dire : volatile, incertain, complexe et ambigu. Cette crise nous aura appris qu’il existe bien peu de certitudes. Dans ces conditions, opter pour un bail commercial avec toute la rigidité qu’il implique est aujourd’hui un pari risqué et même l’assurance de se tromper. Constamment, le bureau doit s’adapter aux circonstances internes (taille de l’équipe, fréquentation des bureaux), comme externes (sociales, économiques, sanitaires et écologiques). Qui peut sereinement s’engager sur 9 ans quand on ne sait pas quels seront nos besoins dans 6 mois ? Des solutions flexibles existent partout en France pour permettre aux entreprises de se développer à leur rythme sans être pieds et poings liés à des bureaux qui, souvent, ne conviennent déjà plus une fois les travaux d’aménagement terminés.

Finalement, en la regardant d’un peu plus près, la situation inédite que nous traversons n’a fait qu’accélérer des tendances déjà perceptibles ante-Covid. Plus que jamais, le bureau a pour mission d’offrir aux collaborateurs une expérience augmentée du travail dans des conditions optimales. Le bureau de demain sera flexible et agile, ou ne conviendra pas.

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