L’employabilité, un enjeu stressant dans la tech

Cloud, Big Data, mobilité, méthodes agiles… Les nouvelles technologies appellent de nouvelles compétences pour l’ensemble des travailleurs français. “Jusque dans les années 2000, les technologies de l’information étaient un travail d’ultra-spécialiste. Avec l’avènement d’Internet, la technique s’est invitée dans des endroits où elle était totalement absente. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul département au sein d’une entreprise qui échappe à ce bouleversement”, analyse Kilian Bazin, co-fondateur de la start-up Toucan Toco, qui édite des solutions de data visualisation. Les profils qui évoluent dans l’univers de la tech et du digital sont les premiers impactés lorsqu’une nouvelle révolution d’usages se présente. Pour eux, le changement est un processus permanent.

Des compétences rapidement obsolètes

59% des professionnels du digital pensent que leurs compétences deviendront obsolètes dans les cinq années à venir

Résultat : ils sont 59% à penser que leurs compétences deviendront obsolètes dans les cinq années à venir, d’après une étude menée en avril et mai 2021 par Toucan Toco et le site BDM auprès de 623 professionnels du marketing, de la communication, de la gestion de projet, du développement, du design et de l’acquisition. Un pourcentage élevé qui dénote une certaine lucidité de cette frange de population, constituée de profils “geek”. “Tout le monde n’a pas pris la mesure de ce problème d’inadéquation de compétences qui est pourtant l’un des défis majeurs de l’Humanité”, estime Kilian Bazin.

Se former est un facteur de stress

Pour faire face à cette obsolescence programmée des compétences, la formation s’impose comme la solution la plus efficace. Trois quarts des sondés déclarent ainsi que se former de manière régulière est important pour maintenir et développer leur employabilité, qui peut basculer à tout moment. “Chez Toucan Toco, nous ne croyons pas aux formations d’une journée par semaine. Nos cerveaux ont une plasticité qui leur permet d’apprendre de manière plus régulière, à raison d’une heure par jour, via des dispositifs de pédagogie inversée”, explique le co-fondateur de la jeune pousse.

41% envisagent de changer de métier et ne plus travailler dans le digital ou la tech pour ne plus avoir à tenir le rythme de formation

Reste que passer par la case formation n’est pas anodin pour ces experts de la tech et du digital. A la vitesse à laquelle les compétences dans leurs domaines évoluent, ils doivent tenir la cadence pour rester employables. Résultat : 44% des sondés confient que ce besoin constant de formation est une source de stress. “Un commercial qui a démarré sa carrière avant LinkedIn se retrouve aujourd’hui à passer sa journée devant son PC, et non plus dans sa voiture, pour mener sa prospection. C’est une évolution qu’il peut potentiellement subir”, illustre-t-il. Selon l’étude, 41% des répondants iraient même jusqu’à envisager de changer de métier et ne plus travailler dans le digital ou la tech pour ne plus avoir à tenir le rythme. Un passage à l’acte qui pourrait toutefois ne survenir que dans plus de 5 ans pour 32% des sondés.

L’employabilité, étroitement corrélée à la maîtrise des outils

Sans surprise, 62% des sondés estiment que la maîtrise d’outils spécifiques est primordiale pour maintenir leur employabilité. Un résultat à mettre en perspective avec la cible des répondants de l’étude, qui occupent des métiers où la technologie est omniprésente. D’après elle, 57% des sondés utilisent entre 5 et 10 outils (logiciels, applications…) de manière régulière. Un volume conséquent qui illustre la quête de polyvalence dans certains métiers et, plus globalement, la montée en puissance des compétences transversales en entreprise. Un terrain qui, selon Kilian Bazin, peut être miné. “Il faut que les gens se spécialisent et creusent leur sujet. C’est indispensable pour la performance collective. Tout ce qui ne relève pas de leur cœur de compétences doit être outillé”, prévient-il.

Plus de la moitié des professionnels du digital estiment ne pas avoir accès à des solutions permettant de la rendre intelligible

Fort heureusement, les professionnels de la tech et du digital ont la main dans le choix de leurs outils de travail : 33% les choisissent totalement et 52% en partie. C’est sur le sujet de la data qu’il y a toutefois un trou dans la raquette. Alors que 84% des professionnels de la tech et du Digital se servent des données dans le cadre de leur métier, un répondant sur deux estime ne pas disposer d’outils assez simples pour gérer cette donnée et plus de la moitié ne pas avoir accès à des solutions permettant de rendre la data intelligible. Là où le bât blesse, c’est que la quasi-totalité des sondés (93%) estime que ce savoir-faire est justement important pour développer leur employabilité.

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