Quel avenir pour le cuivre dans les réseaux internes aux bâtiments ?

Même si la fibre optique se développe dans l’immobilier en France (Plan THD du gouvernement, FTTH), les réseaux intérieurs des bâtiments publics ou privés, d’immeubles de logements ou à vocation commerciale sont encore largement constitués de liaisons en cuivre. Avec l’augmentation fulgurante de la consommation de bande passante, aussi bien par les professionnels que les particuliers, la question de l’adéquation de ces réseaux cuivre pour les années à venir commence à se poser. Jusqu’où les câbles à paires torsadées en cuivre peuvent-ils aller en termes de performances ? Que réserve l’avenir à ce type de câblage ? Sont-ils encore capables d’évoluer assez pour suivre les nouveaux usages ?

Où en sommes-nous, aujourd’hui ?

Les câbles en cuivre les plus couramment utilisés en France sont les câbles aux normes Cat.6 et Cat.6a haute fréquence. Les câbles Cat.8 constituent une option intéressante pour les installateurs, car ils prennent en charge des débits de données supérieurs : 40G sur 30 mètres. C’est aujourd’hui la vitesse de transmission de données la plus élevée possible pour un réseau local de câblage structuré cuivre. Les systèmes de câblage CAT8.1 sont rétro compatibles, car ils sont basés sur le format standard RJ45, contrairement à la norme CAT8.2.

Ce type de câbles en cuivre torsadés est susceptible de fournir une augmentation de la bande passante dans de très nombreux contextes. Chaque paire de conducteurs torsadés est blindée individuellement par une feuille d’aluminium et torsadée par paires avec une gaine tressée (S/FTP) pour obtenir un blindage optimal. Il surpasse donc les exigences en matière d’émission et de protection contre les interférences, selon les normes EMC.

Bien qu’elle offre une bande passante élevée, la norme Cat.8 est limitée par la distance maximale sur laquelle ses performances sont garanties : 30 mètres. En fait, la plupart des solutions de câblage en cuivre sont limitées en raison de la distance maximale qu’elles peuvent couvrir. Les liaisons de 90 ou 100m sont assez standards. Il existe sur le marché des câbles d’une portée de 120 m, mais même cette distance trouve rapidement ses limites. Bien que nous n’ayons pas encore vu de démonstration d’une vitesse de 40G fonctionner à travers des distances significatives sur des liaisons en cuivre, certains équipements permettent d’atteindre 10G sur 120m. Ces équipements doivent répondre aux exigences de la classe de câblage applicable. En Europe, il s’agit principalement des normes ISO 11801 et EN 50173. Cependant, seule la mesure du canal permet d’évaluer l’ensemble du chemin de transmission de bout en bout.

Les câbles en cuivre à haute fréquence sont adaptés à la transmission de débits élevés et offrent une marge qui les rend pertinents dans un futur proche pour la plupart des besoins.

Deux avantages méconnus de la fibre

Aujourd’hui toutefois, les équipements technologiques d’un bâtiment sont un atout de plus en plus important dans les transactions immobilières particulièrement pour les entreprises. La disponibilité d’un réseau local moderne et d’une connectivité performante fait jeu égal avec l’emplacement géographique, l’esthétique et les équipements pour les usagers, ou la proximité des services et des transports. À l’ère du numérique, la connectivité est devenue le nerf de la guerre pour toutes les entreprises modernes.

Dans cette perspective le déploiement de la fibre optique ou la rénovation des infrastructures existantes avec cette technologie est particulièrement indiqué.

Un autre atout de la fibre optique à ne pas négliger est son faible encombrement à débit égal ou supérieur. Même s’il est possible, dans une certaine mesure, de rénover les réseaux cuivre et d’augmenter leur capacité en multipliant les liaisons, c’est un exercice qui est consommateur d’espace et générateur d’une complexité supplémentaire dans la gestion et la maintenance du bâtiment et du réseau. Sans compter que parfois, les gaines et les espaces réservés au passage des câbles sont tout simplement déjà saturés ce qui limite l’évolutivité.

Un avenir hybride

En environnement LAN, la réalité est que de nombreuses entreprises ne font pas encore face à des demandes de bande passante qui dépassent les capacités du cuivre. En fin de compte, même si les infrastructures émergentes de bâtiments intelligents et connectés seront de plus en plus dépendantes de la fibre optique, le cuivre a encore sa place. Il reste une technologie suffisante pour les liaisons situées en périphérie du réseau. Cependant les limites des solutions en cuivre en termes de bande passante, de gestion de l’énergie et de distance de transmission suggèrent fortement de recourir à la fibre pour le cœur de réseau et de repousser la transition vers le cuivre à la périphérie, le plus loin possible.

La meilleure pratique est de construire un cœur de réseau en fibre optique solide et fiable et de réserver le cuivre aux liaisons point à point. Cette approche permet aux multiples parties prenantes d’un bâtiment, notamment le propriétaire, les locataires et les fournisseurs de services, d’accéder à une infrastructure passive unique qui réponde à leurs besoins.

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