Femmes dans la tech : où en sommes-nous en 2021 ?

Vers la féminisation des métiers de la Tech, en particulier dans la Data

20 % : c’est la part des postes IT occupés par des femmes selon l’étude “Emploi IT et nouveaux enjeux de recrutement”* récemment publiée. Ce n’est un secret pour personne, la féminisation tardive (et lente) des métiers de l’IT s’explique assez largement par des clichés véhiculés dès l’école autour des professions techniques, qui ont longtemps découragé les femmes à s’orienter vers une carrière IT. Mais les choses évoluent. 

Des associations comme Inclusive Coding, que j’ai la chance d’accompagner par l’intermédiaire de l’organisation que je représente, se donnent pour mission de “réduire dès le plus jeune âge les préjugés sur les humanités numériques” et ainsi rendre le code informatique accessible à tous, indépendamment de questions d’origine, d’âge et… de genre. De telles initiatives vont dans le bon sens puisqu’elles participent à démocratiser l’IT et ses métiers et à casser des préjugés établis de longue date.

Parallèlement, l’émergence de nouveaux métiers laisse entrevoir de nouvelles possibilités pour les femmes. Historiquement et en grande partie pour les raisons que nous venons d’évoquer, les femmes sont peu présentes sur les postes de support aux utilisateurs/Helpdesk (6%), d’exploitation ou de maintenance (8%), qui nécessitent des compétences plus techniques, à la différence de leurs homologues masculins dont respectivement 10 et 15% interviennent sur ces métiers. Elles évoluent aujourd’hui principalement dans les fonctions dites transverses (45%), en gestion de projets ou sur des missions d’audit et d’optimisation des systèmes d’information, mais on observe qu’elles s’orientent d’ores et déjà plus volontiers que les hommes vers les métiers de la Data (Data Analyst, Data Scientist, …) : plus de 7% d’entre elles s’y consacrent aujourd’hui contre moins de 3% des hommes. Surprenant ? Pas tant que cela. Ces nouveaux métiers nécessitent en effet des compétences mathématiques ou statistiques avancées mais exigent également des compétences en gestion de projet, une réelle vision business, un excellent relationnel et une grande capacité à traduire des résultats pour une exploitation opérationnelle. Ils sont par ailleurs accessibles en transverse à des business analysts ou professionnelles issues du marketing digital.

A souligner également, si seulement 56% des femmes de l’IT comptent plus de 10 ans d’expérience dans le secteur aujourd’hui, ce qui est le cas pour 74% des hommes, on note l’arrivée d’une nouvelle vague de professionnelles puisque la proportion de professionnels comptant jusqu’à 3 ans d’expérience s’élève à 21% au sein de la population féminine contre 9% sur la population masculine. Un différentiel que l’on retrouve sur le niveau d’expérience supérieur, avec respectivement 13 % des femmes et 10 % des hommes enregistrant 4 à 7 ans d’expérience. La féminisation de l’IT est en marche !

Quelle situation aujourd’hui pour les femmes dans la Tech ?

Il semblerait que les statuts de freelance et d’autoentrepreneur, pourtant répandus dans le secteur de l’IT, n’aient pas les faveurs des femmes. 64% privilégient en effet le salariat en raison de la sécurité qu’il procure. Une proportion qui atteint même 73% chez les femmes de plus de 35 ans. Par ailleurs, alors que les salariés de l’IT internes à une entreprise privilégient dans leur ensemble l’intérêt des missions, les femmes accordent plus d’importance que les hommes au critère de la sécurité de l’emploi. Les salariées des ESN (22% des femmes) mettent quant à elles en avant les opportunités de développement des compétences – pour maintenir leur employabilité –, quand les hommes pensent en priorité à l’intérêt des missions. Et si 50% des femmes affirment ne pas avoir de préférence quant au type d’entreprise qu’elles souhaitent rejoindre (cherchant avant tout à être dans l’emploi), les 35-54 ans sont 31% à privilégier les ETI ou les grands groupes, encore une fois pour une plus grande sécurité de l’emploi.

Et côté salaires ? Alors que dans leur ensemble, plus de 50 % des professionnels de l’IT gagnent plus de 50 K€ annuels, cette statistique n’est vraie que pour 43 % des femmes. Cette donnée traduit en creux différents éléments, dont la sous-représentation des femmes sur les métiers à responsabilité ou de Direction aujourd’hui. Avec l’arrivée progressive des femmes dans l’IT ces 7 dernières années, ce décalage devrait tendre à s’équilibrer dans les 5 années à venir, à mesure que les femmes évolueront vers des postes plus capés, donc mieux rémunérés. Par ailleurs, il est important de souligner que les femmes accordent souvent davantage d’importance à la sécurité de l’emploi qu’à la négociation de leur salaire et restent plus contraintes que les hommes sur ce plan. Beaucoup d’entre elles ont moins le réflexe de se renseigner pour connaître leur valeur sur le marché, ce qui est un premier frein à la (re)négociation et à un plus juste positionnement.

Une recherche d’emploi plus difficile pour les femmes de l’IT

Si le marché de l’emploi IT reste dynamique – avec un nombre d’offres d’emploi publiées au premier trimestre 2021 quasi constant comparé à la même période en 2019** – 93 % des développeuses et 88 % des moins de 35 ans considèrent le marché moins favorable depuis le début de la crise sanitaire.

49 % des expertes de l’IT en recherche de poste n’ont aujourd’hui aucune piste d’emploi, une situation rencontrée par seulement 32 % de leurs homologues masculins. Ce différentiel s’explique notamment par une plus forte représentation des hommes sur les métiers techniques de l’IT et à des postes à responsabilités. Par ailleurs, seules 38 % de ces professionnelles déclarent avoir une ou deux pistes d’emploi (-6 points par rapport aux hommes du secteur). Les représentantes des fonctions transverses dont les projets ont parfois été mis à l’arrêt ou reportés par les entreprises et les développeuses ne disposant pas des expertises recherchées aujourd’hui (sur des technologies telles que Sharepoint, NodeJS ou encore Magento par exemple) voient leur recherche d’emploi s’allonger.

Alors que près de 8 entreprises sur 10 rencontrent des difficultés à recruter des experts de l’IT, la première raison évoquée (69 %) reste en effet le manque de profils aux compétences adaptées.

C’est un fait, les besoins des entreprises en matière de compétences informatiques évoluent plus vite que l’offre de compétences disponible sur le marché de candidats. Il est donc important pour les candidates de suivre les évolutions du marché et de favoriser la formation et l’auto-formation pour monter en compétence, par exemple sur une technologie porteuse ou un nouvel outil, afin de maintenir leur employabilité. Rappelons que, dans le contexte tendu que nous connaissons, les entreprises privilégient la maîtrise technique aux diplômes.

Mais à l’heure actuelle, on observe que seules 50 % des femmes en moyenne ont suivi une formation en vue de développer de nouvelles compétences ; la marge de progression reste donc importante. Certains profils se démarquent cependant ; ainsi, 68 % de moins de 35 ans et 62 % des femmes évoluant sur les métiers de l’infrastructure indiquent avoir suivi une formation leur permettant de développer des compétences pour évoluer sur un nouveau poste. Parallèlement, 65 % des développeuses ont suivi une formation en vue de développer de nouvelles compétences sur leur poste, preuve d’un bon niveau de conscience de l’évolution des besoins sur ce métier.

* Etude Michael Page Technology, en partenariat avec Choose Your Boss, menée entre le 14 janvier et le 19 février 2021 auprès de 1 000 professionnels de l’IT. 

** Source PageGroup/JobFeed : près de 128 000 offres d’emploi publiées du 1er janvier 2021 au 30 mars 2021 contre près de 132 000 sur la même période en 2019

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