Recrutement chez Facebook : un à deux mois pour décrocher un like

Facebook connaît d’importants besoins en recrutement et est à la recherche de profils très variés. Le réseau social comptabilise 56 653 salariés dans le monde avec, au 30 septembre 2020, une croissance annuelle de ses effectifs de plus de 32%. En France, explique Coralie Boscarato, chargée de recrutement chez Facebook, “notre effectif est de 271 employés et nous recherchons dans les mois à venir des candidats pour nos équipes en IA, nos équipes business, marketing, juridique, communication, IT…” Et d’ajouter : “Avec la crise sanitaire nous avons basculé dans un format 100% virtuel, ce qui nous a demandé d’accompagner de façon plus rapprochée nos futurs candidats, avec une meilleure préparation, une très bonne connexion, etc. Nous avons, de plus, mis en place un portail pour les guider au mieux dans ce cadre-là.”

Coralie Boscarato, chargée de recrutement chez Facebook. © ©Facebook

Chez Facebook, le processus de recrutement repose évidemment sur la nature des postes et des spécificités inhérentes à la fonction. “Raisons pour lesquelles nous possédons des équipes de recruteurs réellement dédiées à chacun des candidats”, pointe notre interlocutrice. A la réception des candidatures, les équipes de recrutement sélectionnent les profils correspondants au poste envisagé puis une personne de l’équipe prend les contacts. Arrive alors un premier échange avec un recruteur, qui va couvrir le background du candidat : son expérience, son poste actuel, ses motivations, son intérêt pour l’emploi envisagé. A l’issue de cette étape, si Facebook décide de poursuivre, une série d’entretiens est alors programmée. Une rencontre en visio est réalisée avec le manager, ou un membre de son équipe, pour le poste considéré.

Un entretien avec le futur manager, trois à quatre entretiens avec des personnes extérieures à l’équipe et, éventuellement, des épreuves techniques

Ensuite, vient s’agréger une série d’entretiens individuels lors desquels le candidat rencontrera trois ou quatre personnes en complément du manager. Ces entrevues se déroulent avec des personnes extérieures à l’équipe qu’il s’agit d’intégrer, mais qui pourront être amenées à collaborer de façon plus ou moins directe avec le futur candidat. Ce qui permet au postulant d’obtenir une bonne visibilité sur l’activité de l’équipe. Les questions sont constituées d’exercices pratiques et de mises en situation concrètes, selon les postes envisagés. Concernant les entretiens techniques, pour de futurs ingénieurs par exemple, des épreuves de code peuvent être mises en place. “Mais ces exercices sont définis en amont et communiqués au préalable au candidat. Ils vont nous permettre d’évaluer un seuil de compétences requis pour le poste sur lequel le candidat s’est positionné”, relate Coralie Boscarato.

Les candidats doivent se préparer à passer leurs entretiens d’embauche en anglais

Les personnes faisant partie du panel d’entretiens vont ensuite soumettre leurs résultats puis un débrief vient clore le processus. C’est à ce moment que la décision est prise de cheminer, ou pas, avec la candidature. “Mais ce peut-être aussi une proposition pour une autre affectation qui peut émerger s’ils identifient un poste de compétence et une motivation pour d’autres projets. Et pendant l’intégralité de la procédure, les candidats sont accompagnés par un recruteur dédié afin de les préparer, les rassurer et les coacher à chacune des étapes”, expose Coralie Boscarato.

Pendant l’intégralité de la procédure, les candidats sont accompagnés par un recruteur dédié

Pour l’ensemble des postes envisagés, il est courant de passer des entretiens d’embauche à Paris avec des personnes basées à l’étranger (Londres, Irlande, San Francisco, etc.). Si c’est le cas, les postulants sont avertis au préalable. Il est donc impératif que les futurs candidats soient préparés à passer ces entretiens en anglais. C’est une compétence importante car les salariés de Facebook travaillent beaucoup en anglais au quotidien, en réunions ou à l’écrit. Le processus de recrutement dure, en moyenne et en fonction des postes envisagés, entre un à deux mois.

“Nous recherchons une grande variété de profils, que ce soit en termes de background, de compétences, de capacité à travailler en équipe sur différents marchés, ou de faculté à être innovant. Ce sont ces qualités que nous visons. Cela nous permet ainsi de développer des produits et des solutions adaptées aux besoins de nos utilisateurs et de nos clients”, résume Coralie Boscarato.

Le recrutement chez FAIR, le labo d’IA de Facebook

Le témoignage de Camille Couprie, 35 ans, vient étayer, si ce n’est amplifier, cette recherche d’excellence. Elle est chercheuse et a intégré FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) à Paris. “Après avoir réalisé mon post-doctorat avec Yann LeCun, directeur scientifique de l’IA chez Facebook et prix Turing 2019, j’ai intégré le labo à sa conception, il y a cinq ans et demi. Mon travail porte sur la génération d’images, qui consiste à entraîner un modèle à produire automatiquement de nouvelles images. Ce qui peut avoir différents buts, notamment artistiques, pour aider des designers, des artistes, des créateurs de mode, à partir de leurs données afin d’inspirer de nouvelles créations”, illustre-t-elle. Les recherches de Camille Couprie se focalisent également sur des applications plus pratiques comme la super résolution : la faculté de pouvoir zoomer plus profondément dans les images, en changer telle ou telle partie, fournir de nouvelles données pour mieux entraîner les systèmes de reconnaissance d’objets dans les images, ainsi que la capacité de compression de ces dernières. “Nous savons générer des images à partir de quelques nombres aléatoires ou alors de points d’intérêts, et on peut ainsi les compresser davantage qu’avec les méthodes traditionnelles”, analyse-t-elle.

“Nous recevons peu de candidatures de jeunes femmes”

Camille Couprie est l’une des chercheuses les plus sénior du laboratoire parisien FAIR, qui représente un tiers des effectifs de Facebook France. Ces chercheurs publient leurs travaux, participent à des conférences internationales, et leur objectif est axé sur la recherche fondamentale. “Nous recrutons, expose Camille Couprie. Nous nous étions engagés à embaucher à l’horizon 2022 quarante étudiants doctorants et nous en sommes déjà à trente aujourd’hui.” Une candidature chez FAIR en tant que stagiaire est un tremplin pour ensuite démarrer une thèse. “Le seul problème, c’est que nous recevons peu de candidatures de jeunes femmes. Par notre entremise, elle veut “encourager les jeunes femmes à nous faire parvenir leurs CV. Il ne faut pas douter de ses capacités et tout le monde peut candidater”, martèle-t-elle.

Les candidats à un stage chez FAIR doivent eux aussi se soumettre à des entretiens très techniques

Les entretiens pour intégrer FAIR sont très sélectifs et différents types de profils sont recherchés. Cela va des scientists – ce qui nécessite d’avoir obtenu une thèse et préférablement une petite expérience comme un post doctorat – aux research ingeneers (ingénieurs de recherche) ayant obtenus un master, en passant par des étudiants en thèse Cifre (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) qui passeront des entretiens, jusqu’aux stagiaires de recherche qui réaliseront, eux aussi, des interviews. “Je fais passer des entretiens très techniques, avec par exemple des interrogations sur l’apprentissage automatique. Ce sont des questions où l’on demande aux candidats de réfléchir à un problème. Nous l’interrogeons sur ses expériences, ses connaissances. Puis il y a des entretiens de programmation réalisés par un ingénieur de recherche”, énonce-t-elle. FAIR se focalise principalement sur l’adéquation avec la recherche, les capacités à travailler en équipe, bien plus que sur les valeurs de l’entreprise ou que sur des problématiques RH traditionnelles. Et Camille Couprie de conclure : “Ce qui m’a motivée à intégrer le labo, c’est l’excellence des personnes y travaillant et les moyens alloués à la recherche en IA. En outre, il est stimulant de voir l’application des recherches accessible au plus grand nombre.”

En résumé, si vous êtes très orientés impacts et solutions, prises d’initiatives et de responsabilités, conduite de projets, engagement, création de liens, adaptation à des environnements qui peuvent parfois évoluer rapidement, vous possédez toutes les qualités requises pour intégrer Facebook. Pour leur labo FAIR, où les profils de chercheuses à compétences égales sont prisées, il faudra vous munir d’un sérieux bagage scientifique. 

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